fucked-up chronicles

Février 2008

Blonde on Blonde

1 Février 2008 à 20h58
Mon précédent chagrin d’amour m’a littéralement scalpée. Lassée de lorgner vers les rasoirs jetables et les tubes d’aspirine, j’ai mutilé ma chevelure d’un coup de ciseaux de cuisine. Après une tentative de sauvetage dans un salon de coiffure, j’ai arboré une coupe inégale pendant près d’un an, avant de repasser entre les mains d’un coiffeur. Cette année, j’ai choisi de ne pas m’embarrasser d’un deuil capillaire inélégant. La tête emballée dans du plastique lyophilisé, j’ai décidé d’assumer ma métemblondose. Car, (...)

La Dispute

2 Février 2008 à 17h29
Dans un état de nerf déplorable, j’ai généré une catastrophe. Mon petit-frère a crisé. J’ai craqué. Ma belle-mère l’a défendu. J’ai totalement pété les plombs. Mon père a voulu me calmer. Ma belle-mère a voulu qu’on discute. J’ai dit que j’étais d’accord avec elle. Elle a dit qu’on ne pouvait pas se supporter. Ça a dégénéré en dispute de couple. Mon père s’est énervé, a pourri mon demi-frère. Ma belle-mère a dit que c’était une catastrophe. J’ai pleuré en silence en réalisant que j’étais comme elle : (...)

Un semblant d’équilibre

3 Février 2008 à 4h43
Hier mes genoux ployaient. À croire que l’adversité augmente mon taux de cholestérol. Aujourd’hui, j’ai l’impression d’avoir perdu deux tailles de jean et je prêche l’ascétisme et la misanthropie. Dans cette tourmente existentiello-pondérale surgit une timide constante : je veux aimer. Ou plutôt : je veux être aimée pour m’aimer pour aimer. Et comme je sais mieux blesser ce que j’aime (l’amour, cet objet contondant)... Tant que l’équilibre suit, tutto va bene. Mais dès qu’on s’avise de me rentrer dans le lard, (...)

Pork and milk

4 Février 2008 à 9h13
Il y a un livre de Valérie Mréjan qui s’appelle Pork and Milk. Je ne l’ai pas lu, mais j’aime bien la sonorité de ces deux mots mis côte à côte : « pork and milk ». J’imagine du bacon frit avec un verre de lait entier. Ça me rappelle un dîner au cours duquel mon petit frère à demandé à mon père pourquoi les juifs ne mélangeaient pas viande et laitage. Mon père n’a rien trouvé de mieux à répondre que : « Mais tu te rends compte ? Faire cuire un bébé vache dans le lait de sa mère ! » Brusquement, plus personne (...)

Mystique de la nicotine

5 Février 2008 à 16h00
Les fumeurs superstitieux retournent la première cigarette de leur paquet pour ne la fumer qu’en dernier. Bien sûr, ça ne marche qu’avec les cousues et c’est totalement idiot ; mais j’ai trouvé quelques bonnes raisons d’adopter ce rituel. Tout d’abord, parce que ça me permet de savourer la dernière : je la garde le plus longtemps possible en attendant l’occasion où je pourrais pleinement l’apprécier. Et ensuite parce que j’aime bien cultiver cette addiction, comparse des matins sans soleil et des nuits parisiennes au ciel (...)

Ethel Mertz

6 Février 2008 à 15h31
C’est le jour où je préfère rester au fond de mon lit à écouter ma douleur plutôt que prendre un médicament et sortir. Même sans avoir mal, j’ai une forte tendance à bouffer le nez d’autrui dans ces moments-là. C’est un peu énervant de dépendre à ce point d’un désagrément d’ordre physiologique, surtout quand il est cyclique. Une autre chose qui m’énerve à ce sujet, c’est que comme presque tout ce qui a trait au corps, c’est un tabou. C’est quand même le meilleur moment pour manger du chocolat, bouquiner et paresser jusqu’en (...)

Grigri

14 Février 2008 à 11h42
J’ai ramassé un jour une chaîne au bout de laquelle se balançait une fausse lame de rasoir, évocation cynique de ces petites frappes qui s’en affublaient pour aller taillader des carotides dans quelques sombres recoins. J’ai gardé la chaîne. Plus tard, j’y ai suspendu l’anneau d’une pièce de dix franc. Puis, une feuille de chanvre en argent, souvenir de tribulations adolescentes. Puis, un petit médaillon orné d’un Ganesh peint. Puis l’effigie de ce petit bonhomme ventru que d’aucuns ont l’erreur de nommer Bouddha. C’est (...)

Quelqu’un…

15 Février 2008 à 13h04
Quelqu’un avec qui musarder dans les musées, avec qui abuser de musiques. Quelqu’un pour démonter les mots. Quelqu’un pour décrasser les créations. Quelqu’un pour penser, repenser, je ne dirais pas à qui penser. Quelqu’un à écouter, à l’écoute peut-être ? Pas sûr, pas ça, pas comme ça. Quelqu’un avec qui lire, à lire, qui me lise. Qui sait ? Quelqu’un à écrire, à qui écrire ou avec qui écrire. Quelqu’un d’Autre et pas quelqu’un-d’autre. Quelqu’un, pas un exutoire, pas pour exulter. Pas question, ne pas (...)

I save cigarette butts for poor girls

16 Février 2008 à 17h15
Le manque de sommeil me met toujours dans un état étrange. Mes pensées prennent plus d’amplitude et semblent à la fois plus volatiles. Ma peau se hérisse de mille petit frissons, accompagnés par l’étrange sensation d’avoir une balle rebondissante dans la poitrine et à la fois… le cœur en chute libre. C’est une manière de voler, avec une sensation de vide au niveau du ventre, une sensation de frémissement à chaque fois que la musique pulse un peu trop. Et le soir, m’enfouir avec volupté dans la tiédeur de ce sommeil dont l’appel m’avait (...)

(Don’t) Hold your breath

17 Février 2008 à 17h47
Je ne sais plus s’il me l’avait fait écouter ou s’il n’avait fait que le mentionner, mais c’est lui qui a attiré mon attention sur le vent qui siffle, tout à la fin de Wish you were here des Pink Floyd. (j’ai vécu ça comme une initiation, énième reproche à adresser à mon romantisme de comptoir). Difficile de mieux illustrer le thème de l’absence qui nous rend vulnérable, contaminant l’atmosphère d’une solitude intolérable. Je ne connais qu’un autre point de comparaison : l’inspiration de Buckley, avant les premiers (...)

Sucker love

18 Février 2008 à 2h06
Je parlais hier d’initiation. Pour Placebo, c’était avec le clip de Every You Every Me, qui est dans la Bande Originale d’un navet interplanétaire. Le tressautement des paupières fardées de Brian Molko, les trépidations répétitives de sa guitare et les trémolos qui sortaient de sa bouche insolemment tordue, m’avaient transportée. Ça avait quelque chose de la Ballad of the Sexual Dependancy. Et maintenant qu’il se targue de faire des morceaux « aboutis », je crève d’envie, de lui remettre sous le nez la garçonne effrontée et un brun frigidaire (...)

Sex, drugs and no krisproll’s.

19 Février 2008 à 12h49
Pour reprendre une expression hautement révulsante : « J’aime la bite ». Bin quoi ? Est-ce qu’on va faire chier les vieux pédés en leur assenant que toutes les moules ne sont pas avariées ? J’ai pas spécialement envie non plus de me faire des fix au petit-déj’. La drogue, globalement, je m’en contrefous. Encore moins le goût de mettre deux doigts dans ma gorge histoire de gerber toutes les matières grasses supposées faire intrusion dans mes chers vieux bourrelets. Étant donné la popularité actuelle de ses pratiques, je n’ai pas (...)

Thank you for banning

20 Février 2008 à 16h43
Malgré ma qualité de fumeuse, je considère la dernière réforme gouvernementale comme une bénédiction. Pouvoir entrer dans un bistrot et sentir l’odeur du café, ne plus prévoir un masque à gaz et du maquillage waterproof dès lors que la soirée se passe en sous-sol, voilà autant d’agrément qui compensent la fébrilité du manque de nicotine. Ce qui m’inquiète, c’est jusqu’où cette politique anti-cancérigène pourrait nous mener. Limiter la consommation d’alcool ou de café, pourquoi pas ? Mais que des pratiques aussi diverses que la fellation ou (...)