Quand, parée d’amertume, le regard fixe et fuyant, j’arpente les trottoirs anthracites en songeant à tous ces pas perdus dont l’empreinte succombera au prochain passage du camion de nettoyage ; je n’ai plus envie de rêver. Quelque chose s’est enfui à force de réduire cette ville, ma ville, à une dizaine d’itinéraires qui finiront, à un moment ou à un autre, par me ramener a casa. Les façades ravalées semblent se refermer sur moi et mon regard bute sur les passants, las de croiser des regards qu’il faudra ensuite oublier. Pourquoi cette ville que j’ai toujours défendu me fait soudainement si peur ?