fucked-up chronicles

Image Hosted by ImageShack.usCent mots par jour... Image Hosted by ImageShack.us
Thank you for banning
20 Février 2008 à 16h43
Malgré ma qualité de fumeuse, je considère la dernière réforme gouvernementale comme une bénédiction. Pouvoir entrer dans un bistrot et sentir l’odeur du café, ne plus prévoir un masque à gaz et du maquillage waterproof dès lors que la soirée se passe en sous-sol, voilà autant d’agrément qui compensent la fébrilité du manque de nicotine. Ce qui m’inquiète, c’est jusqu’où cette politique anti-cancérigène pourrait nous mener. Limiter la consommation d’alcool ou de café, pourquoi pas ? Mais que des pratiques aussi diverses que la fellation ou (...)
Sex, drugs and no krisproll’s.
19 Février 2008 à 12h49
Pour reprendre une expression hautement révulsante : « J’aime la bite ». Bin quoi ? Est-ce qu’on va faire chier les vieux pédés en leur assenant que toutes les moules ne sont pas avariées ? J’ai pas spécialement envie non plus de me faire des fix au petit-déj’. La drogue, globalement, je m’en contrefous. Encore moins le goût de mettre deux doigts dans ma gorge histoire de gerber toutes les matières grasses supposées faire intrusion dans mes chers vieux bourrelets. Étant donné la popularité actuelle de ses pratiques, je n’ai pas (...)
Sucker love
18 Février 2008 à 2h06
Je parlais hier d’initiation. Pour Placebo, c’était avec le clip de Every You Every Me, qui est dans la Bande Originale d’un navet interplanétaire. Le tressautement des paupières fardées de Brian Molko, les trépidations répétitives de sa guitare et les trémolos qui sortaient de sa bouche insolemment tordue, m’avaient transportée. Ça avait quelque chose de la Ballad of the Sexual Dependancy. Et maintenant qu’il se targue de faire des morceaux « aboutis », je crève d’envie, de lui remettre sous le nez la garçonne effrontée et un brun frigidaire (...)
(Don’t) Hold your breath
17 Février 2008 à 17h47
Je ne sais plus s’il me l’avait fait écouter ou s’il n’avait fait que le mentionner, mais c’est lui qui a attiré mon attention sur le vent qui siffle, tout à la fin de Wish you were here des Pink Floyd. (j’ai vécu ça comme une initiation, énième reproche à adresser à mon romantisme de comptoir). Difficile de mieux illustrer le thème de l’absence qui nous rend vulnérable, contaminant l’atmosphère d’une solitude intolérable. Je ne connais qu’un autre point de comparaison : l’inspiration de Buckley, avant les premiers (...)
I save cigarette butts for poor girls
16 Février 2008 à 17h15
Le manque de sommeil me met toujours dans un état étrange. Mes pensées prennent plus d’amplitude et semblent à la fois plus volatiles. Ma peau se hérisse de mille petit frissons, accompagnés par l’étrange sensation d’avoir une balle rebondissante dans la poitrine et à la fois… le cœur en chute libre. C’est une manière de voler, avec une sensation de vide au niveau du ventre, une sensation de frémissement à chaque fois que la musique pulse un peu trop. Et le soir, m’enfouir avec volupté dans la tiédeur de ce sommeil dont l’appel m’avait (...)
Quelqu’un…
15 Février 2008 à 13h04
Quelqu’un avec qui musarder dans les musées, avec qui abuser de musiques. Quelqu’un pour démonter les mots. Quelqu’un pour décrasser les créations. Quelqu’un pour penser, repenser, je ne dirais pas à qui penser. Quelqu’un à écouter, à l’écoute peut-être ? Pas sûr, pas ça, pas comme ça. Quelqu’un avec qui lire, à lire, qui me lise. Qui sait ? Quelqu’un à écrire, à qui écrire ou avec qui écrire. Quelqu’un d’Autre et pas quelqu’un-d’autre. Quelqu’un, pas un exutoire, pas pour exulter. Pas question, ne pas (...)
Grigri
14 Février 2008 à 11h42
J’ai ramassé un jour une chaîne au bout de laquelle se balançait une fausse lame de rasoir, évocation cynique de ces petites frappes qui s’en affublaient pour aller taillader des carotides dans quelques sombres recoins. J’ai gardé la chaîne. Plus tard, j’y ai suspendu l’anneau d’une pièce de dix franc. Puis, une feuille de chanvre en argent, souvenir de tribulations adolescentes. Puis, un petit médaillon orné d’un Ganesh peint. Puis l’effigie de ce petit bonhomme ventru que d’aucuns ont l’erreur de nommer Bouddha. C’est (...)
Ethel Mertz
6 Février 2008 à 15h31
C’est le jour où je préfère rester au fond de mon lit à écouter ma douleur plutôt que prendre un médicament et sortir. Même sans avoir mal, j’ai une forte tendance à bouffer le nez d’autrui dans ces moments-là. C’est un peu énervant de dépendre à ce point d’un désagrément d’ordre physiologique, surtout quand il est cyclique. Une autre chose qui m’énerve à ce sujet, c’est que comme presque tout ce qui a trait au corps, c’est un tabou. C’est quand même le meilleur moment pour manger du chocolat, bouquiner et paresser jusqu’en (...)
Mystique de la nicotine
5 Février 2008 à 16h00
Les fumeurs superstitieux retournent la première cigarette de leur paquet pour ne la fumer qu’en dernier. Bien sûr, ça ne marche qu’avec les cousues et c’est totalement idiot ; mais j’ai trouvé quelques bonnes raisons d’adopter ce rituel. Tout d’abord, parce que ça me permet de savourer la dernière : je la garde le plus longtemps possible en attendant l’occasion où je pourrais pleinement l’apprécier. Et ensuite parce que j’aime bien cultiver cette addiction, comparse des matins sans soleil et des nuits parisiennes au ciel (...)
Pork and milk
4 Février 2008 à 9h13
Il y a un livre de Valérie Mréjan qui s’appelle Pork and Milk. Je ne l’ai pas lu, mais j’aime bien la sonorité de ces deux mots mis côte à côte : « pork and milk ». J’imagine du bacon frit avec un verre de lait entier. Ça me rappelle un dîner au cours duquel mon petit frère à demandé à mon père pourquoi les juifs ne mélangeaient pas viande et laitage. Mon père n’a rien trouvé de mieux à répondre que : « Mais tu te rends compte ? Faire cuire un bébé vache dans le lait de sa mère ! » Brusquement, plus personne (...)
Un semblant d’équilibre
3 Février 2008 à 4h43
Hier mes genoux ployaient. À croire que l’adversité augmente mon taux de cholestérol. Aujourd’hui, j’ai l’impression d’avoir perdu deux tailles de jean et je prêche l’ascétisme et la misanthropie. Dans cette tourmente existentiello-pondérale surgit une timide constante : je veux aimer. Ou plutôt : je veux être aimée pour m’aimer pour aimer. Et comme je sais mieux blesser ce que j’aime (l’amour, cet objet contondant)... Tant que l’équilibre suit, tutto va bene. Mais dès qu’on s’avise de me rentrer dans le lard, (...)
La Dispute
2 Février 2008 à 17h29
Dans un état de nerf déplorable, j’ai généré une catastrophe. Mon petit-frère a crisé. J’ai craqué. Ma belle-mère l’a défendu. J’ai totalement pété les plombs. Mon père a voulu me calmer. Ma belle-mère a voulu qu’on discute. J’ai dit que j’étais d’accord avec elle. Elle a dit qu’on ne pouvait pas se supporter. Ça a dégénéré en dispute de couple. Mon père s’est énervé, a pourri mon demi-frère. Ma belle-mère a dit que c’était une catastrophe. J’ai pleuré en silence en réalisant que j’étais comme elle : (...)
Blonde on Blonde
1 Février 2008 à 20h58
Mon précédent chagrin d’amour m’a littéralement scalpée. Lassée de lorgner vers les rasoirs jetables et les tubes d’aspirine, j’ai mutilé ma chevelure d’un coup de ciseaux de cuisine. Après une tentative de sauvetage dans un salon de coiffure, j’ai arboré une coupe inégale pendant près d’un an, avant de repasser entre les mains d’un coiffeur. Cette année, j’ai choisi de ne pas m’embarrasser d’un deuil capillaire inélégant. La tête emballée dans du plastique lyophilisé, j’ai décidé d’assumer ma métemblondose. Car, (...)
L’échec amoureux nuit gravement à votre entourage, ne commencez pas.
31 Janvier 2008 à 22h37
Si j’ai mis si longtemps à me sentir concernée par les films romantiques, c’est que depuis toute petite, j’ai une vision assez noire de l’amour. Il y a eu le divorce de mes parents (trois ans), l’arrivée de ma belle-mère (cinq ans), celle de mon beau-père (neuf ans) puis sa rupture avec ma mère (quinze ans). Je ne doute pas que mes parents puissent être sincèrement amoureux, mais je suis plus familière avec la mésentente conjugale et les disputes incessantes qu’avec la tendresse. J’ai le sentiment qu’à force d’assister à des drames, (...)
Harmonie Systématique
30 Janvier 2008 à 15h28
Avec l’avènement du mp3 téléchargeable et de la playlist, la possibilité de fournir au quotidien de chaque individu sa propre bande-son se fait encore plus évidente qu’au temps des compilations sur cassettes audio. L’enchaînement chronologique des pistes sonores d’un même album tombe en désuétude face à cette merveilleuse possibilité de réagencement des morceaux. Ainsi, on peut découvrir une compatibilité inattendue entre la conclusion d’All apologies de Nirvana et les premières mesures de la reprise des Dresden Dolls de War Pigs, elle-même s’enchaînant (...)
Incompréhension
29 Janvier 2008 à 14h27
Un jour ou l’autre, les contes se terminent mal. Elle lui disait qu’elle l’aimait et il disait qu’il ne s’aimait pas. Elle lui disait de se presser et il lui disait d’attendre. Elle disait qu’elle voulait rester et il disait qu’il la laisserait partir. Elle lui demandait des excuses et il ne pouvait pas se pardonner. Elle lui demandait de lui parler et il ne savait pas quoi dire. Elle le voulait et il n’avait envie de rien. Elle voulait arrêter de souffrir, et il voulait arrêter, pour ne pas qu’elle souffre. Elle pensait que ça (...)
Paris que je te quitte
28 Janvier 2008 à 21h44
Quand, parée d’amertume, le regard fixe et fuyant, j’arpente les trottoirs anthracites en songeant à tous ces pas perdus dont l’empreinte succombera au prochain passage du camion de nettoyage ; je n’ai plus envie de rêver. Quelque chose s’est enfui à force de réduire cette ville, ma ville, à une dizaine d’itinéraires qui finiront, à un moment ou à un autre, par me ramener a casa. Les façades ravalées semblent se refermer sur moi et mon regard bute sur les passants, las de croiser des regards qu’il faudra ensuite oublier. Pourquoi cette ville (...)
Rubik’s Cube
27 Janvier 2008 à 5h10
En partant, mon frère a laissé son vieux Rubik’s Cube. Cet objet a aussitôt suscité chez moi une passion inexplicable. Étant une incorrigible littéraire, un tel exercice sur les volumes me paraissait impossible, mais j’ai fini par arriver à bout de sa logique infernale sans algorithme. J’ai suivi l’adage shadok : Plus ça rate, plus il y a de chance que ça marche. La première fois que je l’ai résolu, on en était à notre deuxième rupture et c’est curieux, mais ça m’a aidé. Je mets toujours longtemps à le résoudre (les coins…), mais ce (...)
Cacochymie accoustique
26 Janvier 2008 à 0h36
Ma passion subite pour les productions des BB Brunes, quatuor de pseudo-rockers adulescents simili-dohertyens pourrait s’expliquer par la tendance qu’à la voix chanteur à monter dans les aigus. D’aucuns y verraient avec plus ou moins de malveillance le symptôme d’une mue tardive. Pour ma part, cette succession de notes profondes et d’embardées stridentes m’enchante littéralement. Les voix lyriques me sont aussi agréables que des crises d’asthmes : les ténors m’irritent les tympans et les sopranos me causent des accès de surdités. Je suis (...)
Mansarde rue Mansart
25 Janvier 2008 à 3h37
Au départ, il y avait deux chambres de bonne, trop exiguës pour être habitées. Mon père a abattu le mur qui les séparait pour obtenir une pièce d’environ dix mètres carré. On peut d’ailleurs constater une légère différence de niveau d’un côté à l’autre de la chambre. La porte se situe au coin gauche de la pièce, face aux fenêtres. Les murs sont jaunes et le plafond blanc. Le sol est en tomette recouvertes d’un tapis assez laid aux couleurs délavées. L’un des murs suit l’inclinaison du toit et comporte deux lucarnes, espacées par une distance (...)